Notre village

Histoire

Dès le XIIè siècle

Des documents relatent l'existence du village de Fresnes, nom issu de Fraxini, les frênes, arbres résistants et souples. Rien d'étonnant à ce que cet arbre symbolise le village; c'est un arbre "généreux". En plus de leurs vertus médicinales, les feuilles fournissent du fourrage. Elles sont source de la Frênette, "champagne de forêt", "boisson des moissons"; boisson rafraîchissante peu alcoolisée qui tient du cidre. Les fruits et l'écorce sont aussi utilisés.

Le seigneur d'alors était Dreux de Fresnes. Celui-ci appartenait sans doute à l'une des branches de la famille de Dreux, famille capétienne issue de Robert 1er de France.

Nous trouvons ensuite à la tête du village :

  • Guillaume de Fresnes en 1323,
  • Pierre Chambly en 1330,
  • Denis de Lorriz en 1375,
  • Pierre Payen en 1376,
  • Jean de Fresnes en 1402,
  • Guillaume de Meauville en 1427,
  • Pierre de Fresnes en 1450,
  • Jacques Hyessare Lejeune, avocat au Parlement en 1459,
  • les enfants mineurs de Maître Aubert Leviste en 1494,
  • Antoine Leviste en 1525.

Au 16ème siècle

Au XVIè siècle, le lieu s'affirme dans le contexte historique avec Florimond Robertet, conseiller d'État et des Finances en 1550.

François d'O, surintendant des Finances d’Henri IV y réside de 1589 à 1594. Enfin, en 1594, la vie du village devient intimement liée au château acquis par Pierre Forget, secrétaire d'État et Intendant général des Bâtiments de la Couronne.

Il l'acheta à Dame Marie de Robertet, veuve de Monseigneur André Guillard et lui donna tout son lustre et son renom.

L’illustre Mansart vécu au château et y édifia une chapelle qui fut un modèle architectural apprécié au-delà de nos frontières. De nombreux serviteurs ou ouvriers spécialisés y sont logés (tapissiers de haute lisse, tailleurs d'habits, joailliers, sculpteurs, maçons…), sans compter les renommés Chevalier François Girardon, sculpteur ou encore Lebrun, peintre.

Ajoutons les jardiniers, cuisiniers, sauciers, valets et femmes de ménages, écuyers, une gouvernante pour les enfants, un concierge, un capitaine des garde...

L'Eglise

Elle est dédiée à Saint-Sulpice, a été bâtie, en 1608 par les soins de Messire Pierre Forget, seigneur du lieu et secrétaire d’Etat d’Henri IV. La première pierre fut posée et bénie le 9 juillet de la même année par Monseigneur de Vieupont, évêque de Meaux, qui en fit la dédicace le 22 juillet 1609 ou 1610, suivant un vieux registre, et le 1er mai 1615 selon Dom Toussaints du Plessis.

Elle a été récemment restaurée : murs extérieurs, toiture, vitraux, coq, paratonnerre, horloge, intérieur y compris mobilier et statues. Le tour en brique rouge des fenêtres et ouvertures tranche sur le blanc des murs comme la toiture bleue en ardoise du clocher avec les tuiles rouges du reste de l'église. La place qui l'entoure a été repavée à l'ancienne.

Le clocher :
La cloche a été nommée Anne et eut pour parrain Jean-Baptiste d'Aguesseau, seigneur de Fresnes et pour marraine Gabrielle Anne De La Vieuville, son épouse. Elle a été refondue en 1741. Son pourtour comporte des inscriptions relatives à son baptême. Elle a un diamètre de 95 cm et pèse près de 500 kg

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Les chapelles:
Il y a, dans cette église, deux chapelles collatérales :
- l'une sous l'invocation de la Sainte Vierge
- l'autre chapelle, sous l'invocation de Saint-Pierre, fondée par l'épouse de Pierre Forget.

A l'intérieur de l'église:
Sur le sol de l'église, on découvre plusieurs stèles dont deux restent lisibles.
Pour les 400 ans de l'église une plaque de marbre gris noir a été scellée. Un lutrin à tête d'aigle, ou pupitre noir, se dresse dans le chœur pour recevoir les livres permettant de célébrer l'office religieux. Le pied, en bois également, serait l'œuvre d'un menuisier de Messy.
Des prie-dieu portent les noms d'anciens habitants: Fillard (ancien briquetier), Bonel (le peintre du village), Chamon et Dubourg.

Deux consoles finement ouvragées avec un dessus en marbre proviennent très certainement de l'ancien château.

Le chemin de croix en fonte bronzée de 1831, encadré de chêne a été donné en 1875 par Madame veuve Oswald Papillon.

Ce mobilier comporte aussi deux confessionnaux, un placard à bannières, une chaire, 7 statues (Vierge, Berger, Jésus, Saint-Sulpice...), deux bannières, un autel, quatre tableaux, des estrades en bois surmontées de bancs, un coffre mural.

Les curés de Fresnes:
Les curés venaient d'Annet-sur-Marne et desservaient Annet, Fresnes et Carnetin. Pour arriver à Fresnes, ils empruntaient des chemins à travers champs puis débouchaient dans la cour de la ferme du Bois de Boulogne.

Quant aux vitraux, deux sont d'origine, huit ont été refaits.

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Le Château

Le château, s’il ne reste plus rien du bâtiment aujourd’hui, a laissé des traces dans l’histoire tant par sa richesse architecturale que par la qualité de ses propriétaires et résidents. En revanche, la porte monumentale d’entrée sur le domaine est encore visible.

En 1608, Pierre Forget, qui avait épousé Anne de Beauvilliers de Saint Aignan, fit rebâtir le château, en même temps que l'église.

A l'origine, le château était formé d'un seul corps-de-logis, décoré de trois ordres d'architecture, dont le premier était d'inspiration dorique, style inspiré de la civilisation grecque, d’apparence sobre.

Il comprenait 26 appartements de Maîtres.

Entouré de fossés empoissonnés, il était précédé d'avenues, de cours, d'avant-cours, accompagné de potagers, parterres de 4 ha, pièces d'eau, canaux et parc de haute-futaie, le tout clos de murs. Un rayonnement d’allées favorisait de longues promenades.

En 1647, Mansart conçu la chapelle du château selon les plans qu’il avait préparés pour la construction du Val-de-Grâce à Paris.

Ce faste illuminait et la renommée du Château de Fresnes "maison magnifiquement bâtie" s'étendit même hors de France.

En avril 1828, Louis, comte de Ségur, époux de la fille de Jean-Baptiste Cardin d’Aguesseau vendit le château aux spéculateurs, lesquels le démolirent complètement pour en utiliser les matériaux.

 

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Les personnages célèbres de Fresnes

Quels célèbres personnages vécurent ou vinrent à Fresnes au temps jadis ?

Au XIIè siècle, le premier seigneur, Dreux de Fresnes, issu de la famille capétienne construit le premier château, sans doute une tour entourée de palissades.

Sous le roi Henri II, en 1550, le deuxième propriétaire connu, Florimond Robertet, était conseiller d'État et des finances du royaume.

Puis en 1589, ce fut le célèbre François d'O, surintendant des Finances d’Henri IV, qui se permit d'envoyer à son roi des lettres impératives pour l'inciter à se faire catholique. Pourtant lui-même était protestant ! Cela lui valut de voir Claude de Lorraine, Chevalier d'Aumale, de la Ligne Catholique, résider en 1594 dans son Château, qu'il pilla en se retirant.

C'est alors que Pierre Forget, secrétaire d'État et intendant général des Bâtiments de la Couronne pour Henri IV, entreprit la reconstruction totale de ce magnifique édifice dont la renommée alla jusqu'en Hollande.

Les plus grands noms du Royaume vinrent dans ce château somptueux : Henri IV, Louis XIV…

Henri IV vint y passer une nuit. Son illustre maîtresse, Gabrielle d'Estrées, Marquise de Montceaux, marraine de la propre fille de Pierre Forget, fut invitée au domaine. Ainsi la haute noblesse n'hésitait pas à résider à Fresnes, qualifié de « séjour enchanteur ».

Pierre Forget y rédigea le fameux édit que le Roi Henri IV signa à Nantes le 13 avril 1598. À la mort de Pierre Forget en 1610, dans l'Eglise du village, une plaque commémorative fut apposée dans la chapelle de gauche par sa veuve Anne de Beauvillier de Saint Aignan qui géra le domaine jusqu'en 1645.

Dans cette période y vécut Michel Chappus, apothicaire du Roi, dont la dalle funéraire est dans l’église. Il soigna les habitants du château avec des potions à base d'épices, de produits d'origine animale, et écrasa dans ses mortiers des pierres précieuses, des perles fines que l'on réservait aux Nobles, de même que l'or potable, l'antimoine et le mercure.

En 1645, sous la régence d'Anne d'Autriche, un homme illustre devint Seigneur de Fresnes : Henri de Guénégaud, Marquis de Plancy et du Plessis-Belleville, financier et secrétaire d'Etat à la Maison du Roy. Il eut Colbert comme successeur.

On y reçoit le fils d’Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, César Phoebus d'Albret, Comte de Miossens, marié à Magdeleine de Guénégaud.

La Marquise de Sévigné, amie de Mme Guénégaud, s'extasie sur la beauté du château et du parc.

On assiste dans la Chapelle du Château construite par Mansart, au mariage de Henri de Simeterre, Marquis de la Ferté Macé, Maréchal de France, avec Magdeleine d'Angennes (dont la famille possédait le fief de Messy). C'est le Vicaire de l'Eglise Saint-Eustache de Paris qui les unit.

Monsieur, frère du Roi Louis XIV y fait un séjour, accompagné de son valet de chambre personnel Louis Pajar Desjardins.

Le Roi Louis XIV lui-même y fait une halte le 27 juin 1659.

En 1722, Henri François d’Aguesseau s’y retira cinq ans. Magistrat intègre, juriste éminent, orateur éloquent, il n'était pas moins remarquable par ses qualités sociales, par sa piété et son immense instruction.

La vie importante au Château de Fresnes continua jusqu'en 1828.

Dictionnaire des rues

Rue Bonel (Gustave)

Peintre sur faïence né à la fin du XIXè siècle et habitant de Fresnes. Les peintres sur faïence comme sur la porcelaine sont de véritables artisans d’art ; des peintres dont la signature pouvait être reconnue.

Rue de l'Ancienne Briqueterie (1873-1932)

Une briqueterie y était implantée. Elle réalisait des briques qui étaient acheminées vers Paris en empruntant le canal (tuyaux de drainage, canaux, tuiles, poteries de bâtiments). Elle comprenait 4 cheminées en briques de 32m de hauteur (3 pour les feux, 1 pour l'échappement de la vapeur). Le sous-sol est encore constitué de terre à briques.

Il vint séjourner au château de Fresnes pour la première fois le 22 avril 1708. Dans sa propriété de Fresnes, il passa cinq années qu'il devait ensuite se remémorer avec délices.

À Paris, l'une des quatre statues devant l'escalier du Sénat est à son effigie.

Place du Millenium

En référence au changement de siècle : du XXè au XXIè siècle : C.f. dictionnaire Larousse : L'Âge d'Or attendu par les millénaristes.

Rue du Vieux Moulin

Celui-ci était établi sur une dérivation de la Beuvronne qui actionnait ses deux roues. Dans un bail du 26 décembre 1756 par Messire d'Aguesseau et Claude Pierre Aubé fils, on lisait : « Le moulin à eau dépendant de la Seigneurerie de Fresnes était composé d'un corps de bâtiment où se trouvaient les meules… »

Chemin des Noyers

Tire sa référence des arbres du même nom.

Rue de l'Ourcq

Du nom du canal qu'elle longe. En 1935, elle s'appelait : « Chemin de Grande Communication  ».

Impasse du Lavoir

Du nom du lavoir construit lors de l'adduction d'eau en 1950 (cf : château d'eau). Ce lavoir permettait aux femmes de laver debout au lieu d'être agenouillées. Grand progrès ! en effet, à cette époque les lave-linge n'étaient pas répandus. Les maîtresses de maison allaient souvent rincer le linge (lavé à la maison) au canal.

Rue des Petits Jardins

Rappelle que ce quartier regroupait des jardins en liaison avec plusieurs maisons de la rue Ernest Pelletier.

Chemin du Gord

Chemin perpendiculaire à la route de Précy, conduisant à la Marne. Gord signifiant pour un mode de pêche fluviale : double rangée de perches plantées dans le fond de la rivière, qui forment un angle, au sommet duquel est un filet où viennent se prendre les poissons.

Rue des Fermes

Elle conduisait aux fermes ; le village compta jusqu’à 10 fermes. Autrefois dénommée « Allée des Tilleuls ». Elle menait au château.

Rue de la Croix Blanche

Cette croix était au bout du village. La première procession a eu lieu le dimanche 19 mai 1776 avec la permission de l'Évêque de Meaux et a été bénite par le prêtre de Fresnes François Joseph Goval.

Rue de l'Église

Construite en 1608, l'église est dédiée à Saint Sulpice. La première pierre fut posée et bénite par l'évêque de Meaux, Monseigneur De Vieuxpont. D'autres sources font débuter ces travaux en 1594 pour prendre fin en 1610.

Impasse d'Aguesseau

Henri François d'Aguesseau (1668-1751), seigneur de Fresnes-sur-Marne – magistrat français (Chancelier de France). Son œuvre de juriste tend à substituer le droit écrit à la coutume.

Allée du Parc

En référence au parc (125 ha) du château. Ancien château du Chancelier d'Aguesseau qui fut démoli en 1828. Il subsiste un mur en bordure de champ. Est-ce un bout de mur ou vestige de la porte monumentale de l’entrée ?

Rue Ernest Pelletier

Du nom d'un ancien maire du village (1919-1952). Anciennement dénommée « Grand'rue » car elle était la rue principale. Elle était pavée avec d'énormes pavés.

Place de l'Ancien Pigeonnier

Ce pigeonnier qui datait du château du XVIIè siècle fut démoli en 1966 car son état de délabrement le rendait dangereux.

Chemin des Postes

Ancienne voie empruntée par les diligences qui rejoignaient Meaux.

Rue des Prés

Car avant les constructions, la végétation était dans le village.

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La briqueterie

Le nom évoque encore dans l'esprit des Anciens de Fresnes tout un monde et un mode de vie maintenant révolus où les conditions de travail et de vie étaient rudes.

En 1873, un briquetier, ancien député et maire de Fresnes-sur-Marne, monsieur Gastellier décida d’implanter une briqueterie. La matière première était la terre du lieu-même, puis on alla la chercher de plus en plus loin (jusqu'au-delà de la nationale actuelle, avec des wagonnets, tirés par les chevaux à l'aller, revenant seuls grâce à la pente du terrain).

Le propriétaire de l'exploitation, Monsieur Gatellier, embauchait des ouvriers dans le village. Il faisait aussi appel à des ouvriers saisonniers pour l’hiver qui était la période intensive de cuisson. Venus du Nord de la France et de la Belgique ils s’installaient temporairement avec leur famille dans des habitations rudimentaires, les « cambuses » ; deux pièces au sol pavé de briques.

Les ouvriers peinaient particulièrement pendant les rudes hivers. Ils étaient payés au millier de briques prêtes à cuire. Il ne fallait donc pas risquer la perte des briques crues. Ainsi, pendant les grosses intempéries, ils sortaient du lit la nuit pour courir protéger les briques et les tuiles mises à sécher avec des paillassons de seigle.

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Les briques trop cuites, les ratées, nommées les « crapauds » étaient transportées par charrettes dans une grande fosse nommée le « trou à briquetons » ; située à droite de la route de Charny, juste à l'angle du premier chemin de terre. Toujours valable ? à supprimer ?

Les briques étaient embarquées sur des péniches (4 par jour) qui partaient au fil du Canal de l'Ourcq vers Paris.

Puis, on fabriqua des carreaux et des tuyaux de drainage. On fabriqua aussi des briques blanches avec de la glaise venue des Vallières, après Annet, au lieu-dit : la Violette.

Les journées de travail commençaient à 4 heures du matin et ne s'arrêtaient qu'à la nuit après 12 à 14 heures de travail. Les femmes et les enfants piochaient la terre et la préparaient en la mouillant pour en faire une pâte épaisse, la piétinant pieds nus pour la pétrir parfaitement.

Pendant que les ouvriers briquetiers moulaient et démoulaient les briques, Les « chauffeurs » restaient debout devant les fours et chargeaient le charbon en veillant à conserver une température constante.

L'évacuation des fumées se faisait par deux immenses cheminées. La troisième surmontait le four à gaz, utilisé pour cuire les briques à l'huile, de qualité supérieure. L'un des travailleurs à cet endroit y perdit la vue. La 4ème cheminée servait à évacuer la vapeur d'une machine qui envoyait l'eau d'un puit à toutes les équipes de fabrication.

Chaque jour, deux fillettes du village dont les parents tenaient des cafés-épiceries ravitaillaient tout le monde en épicerie et boissons, transportées dans leur charrette à bras.

Le samedi après-midi, on lavait le sol des cambuses à grande eau. Le dimanche, les saisonniers accompagnés de leur famille, faisaient la tournée des sept cafés du village finissant par le grand café-restaurant face au canal, appelé à juste titre : « Au Rendez-vous des Briquetiers ».

La briqueterie, après être passée dans les mains de Casimir Beaujean (1901), puis de Poliet-et-Chausson (1925), ferma définitivement en 1932.

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Les commerces d'Antan

Les commerces d'Antan ou la vie dynamique de Fresnes de 1920 à 1960

Par la diversité des métiers, le village pouvait vivre en autarcie. Aux beaux-jours, les parisiens y venaient en villégiature.

En plus des fermiers, des ouvriers agricoles et des briquetiers, de nombreux petits commerçants permettaient de vivre au village presque en autarcie. Chacun pouvait trouver sur place ce qui était nécessaire à la vie quotidienne : sept débits de boissons, doublés parfois d’une épicerie, une boulangerie, un marchand de fromages et de primeurs, un marchand de vins et spiritueux, un cordonnier, un maréchal-ferrant, un charron, six fermes fournissant lait, œufs et volailles, une charcuterie (à l’ancien moulin).

Parmi les cafés-épiceries, 16 rue Ernest Pelletier, il y avait celui de Raymond Dubois. Un personnage ! En effet, il était aussi rebouteux, arracheur de dents, tueur de porcs, débardeur de bois et livreur de poissons !

Dans cette même rue, se tenait le commerce d’Henriette Dubois, nommé « épicerie centrale ». Elle y vendait, en plus de l’épicerie, des chaussures et espadrilles, de la mercerie, des journaux. Quant à Marcel, son mari, il était maçon. Le dimanche, on y jouait à la belote. On y organisait mariages, baptêmes et communions.

Rue de l’Ourcq, le café « chez Mme Guillemin », devint ensuite « Chez Yvonne », sa fille, puis « Chez Arlette » qui avait racheté l’établissement. C’était le rendez-vous des jeunes gens du village.

Toujours dans cette rue, le « Café de la Marine » se repère encore par son ancre placardée sur le fronton. Sa clientèle était composée des employés du canal, des mariniers… Ils y achetaient aussi leur tabac. Les femmes venaient s’y ravitailler en épicerie. Aux beaux jours, ce café accueillait dans ses chambres les Parisiens en vacances.

Les nombreux pêcheurs pouvaient y acheter les articles de pêche nécessaires à leur passe-temps. On y admirait d’ailleurs des têtes naturalisées d’énormes brochets.

Face au port de Fresnes, sur le parking actuel, s’élevait le grand corps de bâtiment du « Rendez-vous des Briquetiers », doublé d’une écurie et d’une remise. Ce café était aussi un restaurant. La grande salle du haut accueillait les noces et les banquets. À côté de la remise, un four à pain approvisionnait le pain à tout le village. Les bateliers pourvoyaient la boulangère en sucre et en farine. Dès 1947, à l’époque de la famille Boyé, les Parisiens venaient remplir les chambres au-dessus du café.

On pourrait encore citer le café-mercerie « Faron », dans la Grand-rue, disparu dans les années 30.

Madame Bigot, la charcutière, livrait dans Fresnes avec une charrette attelée. Puis, elle acquit une voiture et fit des tournées jusqu’à Claye.

Deux couturières travaillaient chez elles pour confectionner ou rénover les vêtements de bien des gens du village, l’une dans la ruelle Cholet, madame Gagnant, l’autre face au Monument aux morts, madame Chef d’Hôtel… Que de noms de famille porteurs d’images !

Tout au bout du village, la Distillerie d’Edmond Pelletier, puis de Fernand Lair, faisait commerce de vins et alcools. Une équipe allait chercher les citernes en gare de Lagny. Le vin était stocké en fûts puis mis en bouteilles.

Celles-ci étaient livrées dans les épiceries et cafés du village jusqu’aux villes environnantes, telles Lagny, Meaux, Dammartin…

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